Le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) a animé, samedi soir à la salle de cinéma El-Khayyam (ex-Débussy),

un café littéraire, suivi par un concert du chanteur Kamel Syamour.

Organisé dans le cadre de des activités culturelles organisées, un samedi sur deux dans cette salle récemment restaurée, le jeune artiste a gratifié son public d’un florilège de chanson kabyle, dont la plupart de ses propres écrits avec une grande influence du chant sacré Acewwiq. L’artiste est retourné à ses débuts avec la musique, jeune idéaliste, il raconte les conditions extrêmes dans lesquelles évoluaient les artistes à ses débuts coïncidant une période charnière de l’histoire de l’Algérie, à savoir la décennie noire. «Les conditions de travail étaient totalement différentes de la situation actuelle. Même l’espoir était mort et nous n’avions pas le droit de rêver, c’est la raison pour laquelle je me suis installé en Europe», a-t-il expliqué. Entrecoupé de temps à autre par une chanson des nombreuses qu’il a interprétées, Kamel a additionné sa voix rauque bien maîtrisée au jeu suave de sa mandoline pour offrir au public un moment de pur bonheur. Soutenu seulement par deux musiciens à la guitare et au clavier, des instruments ont accompagné l’orchestration pour plus de sonorités, notamment pour la rythmique. Bercé dans la pure culture kabyle, Kamel revient sur l’endroit où il a vu le monde, nature montagnarde qui demeure selon ses dires sa principale source d’inspiration. «Je suis né dans un village sis aux sommets de Lalla Khdidja sur le massif montagneux du Djurdjura. C’était une mère protectrice sur toutes les collines de la Kabylie. Son silence et le chant de ses oiseaux m’ont fait aimer la passion de la musique», a-t-il fait savoir. Fortement influencé par le chant Acewwiq, l’artiste déclare que cette tradition musicale ancestrale de la région kabyle occupe une place de choix au sein de sa démarche artistique, une musique sincèrement suave accompagné par une poésie spécifique. Rencontré à l’issue du concert, Kamel Syamour revient sur le travail de sa plume. Interprète parfois de certaines reprises, l’artiste écrit et chante en kabyle en s’inspirant de son vécu. «C’est dans la langue amazighe que je sais écrire et m’exprimer facilement. Je n’écris pas suite à une quelle conque recherche, je dégage plutôt ce que je vis au quotidien avec une grande spontanéité dans le but d’être proche à mes auditeurs», a-t-il noté. Auteur de deux albums, le premier sorti en 2009 et le deuxième en 2014, Kamel indique qu’il a parlé dans son premier disque de son vécu et de son parcours d’artiste, avant de s’y mettre dans le second à des constats. «Je décris des situations réelles avec le maximum de sincérité. Même si elles sont parfois négatives, désolantes ou blessantes, je tiens à ajouter une touche d’espoir car l’artiste à le devoir d’apporter cette joie et marquer les esprits par un espoir radieux», a-t-il confié. Sur le plan mélodique, Kamel précise que son premier album reposait sur l’acoustique avec une grande d’importance au son du Bendir, accompagné des guitares folk et quelques touche du violon. Pour ce qui est du deuxième, l’artiste dont la musique souvent classé dans le registre «World music», a exploré les sonorités du funk avec notamment une musique plus rythmée en introduisant pour la première fois la batterie et beaucoup de guitares.

Kader Bentounès El Moudjahid du mercredi 15 juillet 2015