El Moudjahid - Journée mondiale sur les langues maternelles : une initiative pour élargir l’enseignement de tamazight

Pour la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit «L’école doit connaître aujourd’hui une période de stabilité». Un protocole d’accord a été signé hier, entre le Ministère de l’éducation nationale et le Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA). La cérémonie de signature s’est déroulée au cinéma El Khaïma (ex-Debussy) à Alger, en présence de Mme Nouria Benghebrit, Ministre de l’éducation nationale et le Secrétaire Général du HCA, Si El Hachemi Assad, ainsi que de nombreux professionnels du secteur. A cette occasion, Mme Nouria Benghebrit a exprimé sa pleine satisfaction quant à la signature de ce protocole d’accord coïncidant avec la journée mondiale sur les Langues maternelles instaurée par l'UNESCO, en 1999. Elle souligné que «nous avons voulu symboliquement signer notre protocole sur lequel on s’était entendus déjà depuis six mois» et le fait que ce protocole ait été signé au siège du HCA, a-t-elle dit «est un geste fort pour nous qui montre que le ministère de l’éducation nationale n’aura de cesse de faire tout le travail et tous les efforts nécessaires pour que la langue amazighe dans ses différentes déclinaisons puisse trouver toute sa place au sein de l’éducation nationale» et cela signifie également, a-t-elle ajouté qu’«au delà de ce que nous aurons signé, ce qui est important c’est le travail mené sur toutes les ressources humaines et cela à travers la sensibilisation et l’évaluation et le travail de recherche». Ce dernier a-t-elle ensuite relevé, «doit absolument accompagner notre objectif d’aller progressivement vers la généralisation de cette langue maternelle», mais aujourd’hui a précisé Mme Benghebrit, «force est de constater que ce n’est pas dans ce sens que nous sommes allés, mais au contraire il y a eu quelque part, effectivement, une petite régression qui ne doit pas être tolérée». Et de poursuivre «notre geste de signer ce protocole et d’installer une commission mixte, ne veux pas dire qu’il ne faut pas faire plus, et continuer à faire des efforts». Selon elle, «le protocole n’est qu’un facilitateur et celui-ci trouve son point d’ancrage dans les efforts individuels et collectifs que nous tous nous pourrions accomplir».
À propos de la grève : «Je ne perds pas espoir que les syndicats continuent encore avec nous». Mettant à profit cette occasion, la ministre a mis l’accent sur les différentes rencontres organisées avec les syndicats, en indiquant que «depuis le départ, nous croyons fortement en la négociation qui est une modalité incontournable dans la résolution des problèmes». Elle a ajouté dans ce sens que, «ce que je peux dire, malgré le chemin que nous avons accompli, et je pense que c’est quand même un chemin intéressant, du fait que nous sommes arrivé à trois points d’entente sur quatre, nous pensons qu’il y a encore des efforts à mener». Aussi, selon elle, «là où il y a eu une mésentente, c’est sur la question de l’engagement à signer en commun sur une charte d’éthique et de stabilité». Pour nous, a-t-elle dit, «cette charte est essentielle pour continuer à répondre à l’amélioration du statut des enseignants, mais également approfondir l’amélioration des conditions d’enseignements». La ministre a insisté à cet effet, sur la nécessité que «l’école doit connaitre aujourd’hui une période de stabilité». «Je ne perds pas espoir que les syndicats continuent encore avec nous et à dialoguer pour trouver une modalité non seulement de rédaction parce qu’en fait ce n’est qu’un engagement» a-t-elle dit, précisant qu’on doit rédiger ensemble, la charte d’éthique et de stabilité». De son côté, Si El Hachemi Assad, a indiqué que «la célébration de cette journée internationale des langues maternelle est une opportunité pour mettre en exergue l’effort de l’institution pour promouvoir toutes les variantes linguistiques». Il s’agit de la langue amazighe. Il a fait savoir à cet effet que «depuis 2014, nous sommes sur le terrain pour faire un travail de collecte de tout ce qui est donnée linguistique et inventaire et toponymique». Le HCA a-t-il dit, «a mis en place un dispositif pour faire le terrain, en associant les différents partenaires, notamment les départements de langue amazighe». «Ces derniers» a précisé Si El Hachemi Assad, «vont bénéficier de programmes de sortie pour collecter des données linguistiques», et de poursuivre «nous avons favorisé cette année, une action qui est la construction d’un dictionnaire lexique de la langue amazighe». Il y a un autre aspect qui est également important dans la démarche du HCA a-t-il ajouté, précisant que c’est celui de «faire réunir les directeurs de l’éducation nationale, les inspecteurs et les enseignants de Tamazight». Le SG du HCA n’a pas manqué de mettre l’accent sur les problèmes rencontré sur le terrain, en citant à titre d’exemple les problèmes pédagogiques et bureaucratiques.
Makhlouf Ait Ziane El Moudjahid du 21 février 2015



