Dispositions pour l’inscription de Yennayer patrimoine culturel de l’humanité
Intervenant à l’ouverture d’une journée d’étude sur les procédés de classement et de valorisation de Yennayer par l’UNESCO, organisée hier par le Haut-Commissariat à l’amazighité au siège du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), la ministre de l’Éducation, Mme Nouria Benghebrit, a affirmé que « la richesse de Yennayer dans ses expressions culturelles et ses manifestations les plus authentiques est un évènement à saisir à plusieurs niveaux, notamment dans sa dimension éducative, la plus imaginative » et qui consiste, dit-elle, « à allier avec pertinence l’intelligence d’une tradition sociale et culturelle typiquement locale et sa valorisation dans le cadre du développement économique et social de notre pays ». Pour Mme Benghebrit, le système éducatif algérien est de plus en plus interpellé dans les conditions géopolitiques régionales et internationales actuelles. Ainsi, dit-elle, «la priorité est de faire prendre conscience de notre appartenance à une identité collective, commune et unique, consacrée officiellement par la nationalité» et d’assurer la cohésion sociale de la nation avec la revalorisation de l’histoire et des langues en tant que pièce maîtresse de la trame des appartenances et des solidarités traditionnelles millénaires.  Pour y parvenir, la ministre rappelle que seul «un enseignement intégré permettrait de sortir d’une perception  éclatée des faits et d’asseoir la dimension nationale, profondément ancrée dans ses réalités historiques, culturelles et symboliques, œuvrant à la construction d’un mode de pensée basé sur la recherche et les investigations en vue de développer chez les apprenants l’esprit critique et la capacité à rationaliser les expériences humaines ainsi que le sens civique».   Étalant sa vision pour la réforme du système éducatif, la ministre estime que «les activités que comporte le curriculum de l’élève, particulièrement les programmes disciplinaires spécifiques et théothématiques, doivent assurer, d’abord, la formation d’une conscience nationale appuyée  sur le respect des composantes fondamentales de l’identité nationale, à savoir l’islamité, l’arabité et l’amazighité, ainsi que les symboles de la nation algérienne ; vient ensuite une connaissance suffisante du patrimoine géographique, physique et humain, mais surtout la formation d’une conscience citoyenne». Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, El-Hachemi Assad, quant à lui, est revenu longuement, dans son intervention, sur le rôle des langues maternelles dans la préservation de notre patrimoine matériel et immatériel. «Tout ce qui est fait pour promouvoir la diffusion des langues maternelles sert non seulement à encourager la diversité linguistique et l’éducation multilingue, mais aussi à sensibiliser davantage aux traditions linguistiques et culturelles du monde entier et à inspirer une solidarité fondée sur la compréhension, la tolérance et le dialogue.» La journée d’études devrait être sanctionnée par la signature d’une convention de partenariat avec le CRASC, dont la première action sera la coédition des travaux de cette journée en version. Mme Benghebrit a démenti l’existence d’un quelconque déficit dans l’encadrement humain dédié à l’enseignement de la langue amazighe. Dans ce même registre, elle a fait savoir que les directeurs d’école ont été instruits afin d’ouvrir, au moins, une classe d’enseignement de tamazight dans leur établissement, en précisant que la tutelle a répondu favorablement à toutes les demandes d’ouverture de postes introduites dans ce cadre. Amel Saher