El Watan - Tout en félicitant le travail accompli par le Haut Commissariat à l’Amazighité depuis sa création…

Qualité et droit à l’éducation en Algérie : les réserves du rapporteur des Nations unies.
C’est un constat amer qu’a établi le rapporteur des Nations unies sur les plans de la qualité et du droit à l’éducation en Algérie. Même si Kishore Singh a souligné, hier, lors de la conférence de presse qu’il a tenue à la Maison des Nations unies à Alger (El Biar), que «tout n’est pas tout à fait négatif», il n’en demeure pas moins qu’il a enregistré, durant son séjour en Algérie, beaucoup d’insuffisances en matière de qualité et de droit à l’éducation. Invité par le gouvernement algérien, le rapporteur des Nations unies a rencontré, durant sa visite en Algérie qui a débuté le 27 janvier dernier, plusieurs responsables d’institutions, ONG des droits de l’homme, enseignants et acteurs de la société civile.
Il devrait, dans le cadre de cette visite, soumettre en juin prochain un rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Seulement, ce rapport risque d’être «noir» au regard des constats qu’il a dû enregistrer lors de sa visite.
S’il a en effet salué les efforts accomplis par le gouvernement algérien en matière de prise en charge du volet du droit à l’éducation à tous les niveaux, il n’a pas omis de signaler beaucoup de manques. Il en est ainsi de la qualité de l’éducation pour laquelle, de l’avis de Kishore Singh, «le gouvernement doit en effet, en toute urgence, répondre à l’impératif de la qualité de l’éducation». Pour lui, «cela nécessite une refonte de la pertinence et de la qualité de l’enseignement». «Il convient de rehausser l’acquisition scolaire», note le conférencier.
Recruter des enseignants qualifiés
Le rapporteur des Nations unies a, par ailleurs, mis l’accent sur la nécessité du recrutement d’enseignants qualifiés, ajoutant qu’«il importe que le gouvernement améliore en particulier la formation des enseignants». «Les enseignants doivent être mieux formés pour transmettre les valeurs des droits de l’homme, de la citoyenneté démocratique ainsi que les valeurs humanistes que l’on retrouve notamment dans la loi d’orientation de l’éducation de 2008».
Il a, par ailleurs, signalé les «faiblesses du système éducatif» en déplorant «l’insuffisance d’indicateurs», alors que «ces indicateurs sont indispensables pour le suivi et l’évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des droits à l’éducation pour tous».Tout en signalant l’importance du budget national consacré à l’éducation qui dépasse les 20%, Kishore Singh regrette que l’Algérie «ne dispose pas d’un cadre juridique sur l’investissement national» dans le domaine de l’éducation. Ainsi, pour le conférencier, «il convient d’élaborer ce cadre afin de déterminer au niveau minimum du budget national à allouer à l’éducation». «Un tel cadre juridique devrait également, en plus du budget de fonctionnement, prévoir un budget d’investissement consacré à la qualité de l’éducation», explique-t-il. Kishore Singh recommande par ailleurs «des réformes urgentes» pour que l’accès à l’éducation pour les enfants vulnérables soit amélioré. Il a suggéré «au gouvernement d’apporter des solutions aux problèmes de l’abandon scolaire, en particulier chez les garçons, du redoublement et de la surcharge des classes». Il a aussi invité le gouvernement à promouvoir davantage un esprit de dialogue autour des valeurs de tolérance et de compréhension à travers le pays.
Tout en félicitant le travail accompli par le Haut Commissariat à l’Amazighité depuis sa création, le représentant des Nations unies exige du gouvernement algérien d’accorder plus de moyens humains et financiers afin que l’enseignement de tamazight, qui est une langue nationale, cesse de reculer.
Rabah Beldjenna El Watan du mercredi 4 février 2015



