C’est hier qu’ont été entamées, à l’université de Béjaïa les activités du colloque du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) autour de la confection de dictionnaires monolingues en tamazight. Le coup d’envoi a été donné par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, au niveau du campus Aboudaou de l’université de Béjaïa, en présence de spécialistes nationaux et étrangers, d’étudiants et des autorités locales. Organisée dans le sillage de l’officialisation de tamazight, en collaboration avec le département d’enseignement et d’aménagement de tamazight de l’université de Tizi Ouzou (Laela), cette rencontre scientifique internationale devra déboucher sur la mise en place d’une unité de chercheurs et de spécialistes et, à terme, sur l’élaboration de dictionnaires monolingues en tamazight.
Par cette démarche, les autorités pensent que l’ère de la politique et de la revendication identitaire est enterrée avec l’officialisation de tamazight et qu’il est désormais temps de passer au travail de standardisation de cette langue en vue de sa généralisation et de son utilisation dans les différents domaines de la vie. «La lexicologie est un axe important qui a tout notre intérêt. C’est pour cela que nous avons organisé ce colloque en vue de débattre des problèmes qui se dressent concernant l’élaboration de dictionnaires», a déclaré la professeure Noura Tigziri, directrice du Laela. Et d’ajouter : «Il y a certes des travaux qui ont été faits, mais nous cherchons désormais la qualité. Nous devons doter tamazight de moyens et c’est dans cette optique que s’inscrit l’élaboration de dictionnaires.» Pour les besoins d’intelligibilité, les spécialistes ont opté pour la structuration par ordre alphabétique, selon l’oratrice. Interrogé pour savoir par quelle notation sera transcrit ce dictionnaire, le président du HCA, Si Lhachemi Assad, nous a répondu : «Pour le moment, nous n’abordons pas la transcription. Cette question risque de court-circuiter nos présents efforts et nous devons l’aborder dans la sérénité. Actuellement, les spécialistes travaillent en latin, mais notre démarche encourage aussi la polygraphie.» Selon le responsable, cette question sera traitée, entre autres, dans le cadre de l’académie qui sera créée en vue de prendre en charge la promotion de tamazight. Un centre de recherche en langue et culture amazighes est d’ailleurs en construction à l’université de Béjaïa. Il sera achevé, a-t-on appris de responsables universitaires, au plus tard en juin prochain.
M. H.- K.