Le Haut-Commissariat à l’amazighité a affirmé son engagement à "accompagner" les maisons d'édition du secteur privé pour la publication en langue amazigh, à travers "un cahier des charges définissant les mécanismes de promotion du livre amazigh et l'encouragement des publications communes entre les secteurs public et privé".
Après la restauration de la salle de cinéma Omar El Khayam (ex-Debussy), le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) s’est donné rendez-vous avec ses sympathisants pour un café littéraire, samedi soir, autour du thème « La coédition entre l’État et le privé, un dispositif propulseur du livre amazigh », et ce, dans le cadre de ses activités chaque quinze jours.
De prime abord, deux jeunes informaticiens ont présenté une application internet intitulée « Azul » conçue et réalisé par de jeunes Algériens autour de la vulgarisation de la langue amazigh. Téléchargeable gratuitement sur Google store, cette application dotée de sonores phonétiques et d’illustration invite l’analphabète de cette langue millénaire à apprendre les principes de base à l’exemple des mois, chiffres, lettres, saisons… Dans ce contexte, le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, a indiqué qu’il y a une demande sur le chantier du multimédia en langue amazigh, et que c’est au HCA de prendre en charge l’application du multimédia en amazigh, une manière de se mettre au diapason avec l’évolution technologique : « Nous avons financé et donné un consulting à une boîte informatique pour présenter une application en amazigh. Une manière de la partager de la rendre public, de la vulgariser à titre gracieux pour aider les gens à apprendre la langue amazigh », a-t-il fait savoir.
Revenant à la thématique du café littéraire, le secrétaire général a rappelé que le HCA est la première maison d’édition du livre amazigh avec plus de 230 éditions en 1.500 exemplaires, et que le chantier de la coédition est un dispositif que le HCA doit mettre en place à commencer par lancer le chantier de la coédition qui est la perspective du livre amazigh. « Nous avons accumulé une grande expérience, nous avons un capital dans l’édition du livre amazigh. Nous allons faire de la coédition afin d’accompagner l’effort des entreprises privées qui ont pris le risque de s’investir dans ce créneau, celui de l’édition du livre amazigh. Nous allons les accompagner par un cahier des charges qui est un peu les règles de fonctionnement, de la distribution du livre amazigh à travers tout le territoire national, ce sont des mesures d’accompagnement qui définissent cette obligation d’élargir le lectorat du livre amazigh, c’est l’essentiel de la mission du HCA sur le territoire national », a-t-il noté.
Ayant des conventions avec des maisons d’éditions étatiques, l’interlocuteur a souligné les expériences précédentes qui vont être actualisées pour une meilleure visibilité de la langue amazigh. « Nous avons déjà signé une convention avec l’Office des publications universitaires (OPU) et nous allons coéditer des études, des travaux de lexique qui sont en stock à notre niveau. C’est un peu pour donner une visibilité à ces travaux car ça avait pris beaucoup de temps et demandé beaucoup de moyens. C’est une manière également pour saluer les efforts de nos universitaires qui ont fait un grand travail de recherche », a-t-il précisé. A l’issue de la rencontre, Si El Hachemi Assad a fait savoir que le HCA va élargir cette coédition avec d’autres maisons d’édition étatiques et privées. « Nous allons élargi la coédition avec les éditions ANEP et ENAG essentiellement pour exploiter le réseau de distribution du livre amazigh, ainsi que pour envisager des projets concrets de coédition, notamment sur l’axe recherche et études. C’est cette démarche du HCA avec le privé dans la littérature, dans tous les genres de la littérature, c'est-à-dire le roman. D’autres conventions sont également au programme à l’exemple des éditions Thira de Bejaia et Amzar de Biskra », a-t-il encore noté. L’interlocuteur a ajouté dans la foulée que le HCA va vers un regroupement avec l’Office national des droits d’autres et des droits voisins (ONDA) pour réglementer davantage la question des droits des auteurs.
Revenant sur le Salon annuel du livre et du multimédia amazigh de Bouira qui est à sa neuvième édition, Si El Hachemi Assad a déclaré que le Salon va être gelé cette année pour devenir biennale, et ce, pour mieux préparer le Salon international du livre d’Alger SILA. « Le HCA a acquis une expérience lors de ses participations aux différents Salons du livre et foires internationales du livre. Nous avons constaté une présence timide du livre amazigh, cette année nous prenons l’initiative et nous lançons une invitation aux réalisateurs du SILA pour réserver un pavillon central. Le HCA va geler l’organisation du Salon du livre et du multimédia amazigh pour marquer une participation exceptionnelle et qualitative au SILA par un pavillon central, mais surtout, par une participation de jeunes maisons d’éditions, une manière d’épauler un peu l’effort du secteur d’éditions privé, mais aussi les jeunes écrivains qui sont nombreux à se produire », a-t-il relevé. Présent également à la rencontre, des maisons d’éditions privées ont salué l’effort du HCA quant à ces coéditions, relevant par la même occasion l’obligation de se serrer les coudes pour concrétiser le projet de la langue amazigh, socle identitaire de la nation algérienne.
Kader Bentounès
Source : El Moudjahid