Point de presse. Le défi d’une presse d’expression amazighe de qualité mobilise finalement les énergies dans les rédactions et les institutions de l’Etat, dont le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) et le ministère de la Communication. Si à cette occasion des patrons de presse consentent à libérer pour cinq jours de formation des journalistes soucieux de mieux apprendre l’exercice dans la langue de Mammeri du métier d’informer, l’Etat ne semble, lui, lésiner sur aucun moyen pour parvenir à faire de Tamazight une langue de communication via les organes existant. Et, pourquoi pas, d’autres à aider à leur création dans les secteurs public et privé, dans l’audiovisuel et la presse écrite. C’est, du moins, ce que n’a cessé de marteler hier le ministre de la Communication, en réponse à des questions de journalistes faisant du point de presse de fin de matinée l’occasion  d’en savoir plus sur cette seconde langue nationale et la volonté du gouvernement d’en élargir l’usage et en enraciner la pratique. Une préoccupation à laquelle le membre du gouvernement, rappelant à chaque propos les efforts mutuellement consentis par son département et l’institution de M. Assad, réagissait par l’évocation des cas de conférences et autres séminaires sur la promotion de Tamazight où, à l’invitation du HCA, « le ministère de la Communication a fait montre d’une disponibilité sans faille ». D’où le chapelet de questions relatives, toutes, à la notion de professionnalisme dans l’exercice du métier d’informer et de l’aide de l’Etat via la publicité institutionnelle aux titres qui font de la promotion de Tamazight dans les médias un axe essentiel. Des questions et d’autres face auxquelles, en représentant du gouvernement mettant à profit à fond son expérience de journaliste, Grine a d’abord regretté de voir le lectorat prendre pour un savoir-faire journalistique le sensationnel à l’œuvre dans certains titres de la presse polissonne, et réitéré ensuite son refus de se substituer au DG de l’ANEP même si, a-t-il rappelé, «ma position de premier responsable du secteur me donne un droit de regard sur la gestion de la manne publicitaire par cette agence publique». Rien de neuf à ce propos ? Pas tout à fait car, cette fois davantage que les précédentes, le conférencier avoue avoir convoqué pour un point de situation le patron de l’ANEP, «suite aux craintes de directeurs de journaux se plaignant d’une forte réduction du nombre de leurs pages de pub». Le problème, a dit le ministre citant le directeur de l’agence nationale, « le volume global quotidiennement traité par les services de l’ANEP pour dispatching sur les titres existant a baissé de 50% ». Situation transitoire ou inscrite dans la durée ? Nul ne le sait, du moins pour le moment. Mais, durable ou momentanée, c’est une situation qui permet peut-être de dire qui est sur cette scène médiatique pour de l’argent, et qui est là pour l’exercice de la profession avec ce que cela exige comme emplois à créer et formation à dispenser. C’est, à La Cité et sa publication mensuelle en Tamazight, Tghremt, l’engagement moral des responsables de la société éditrice des deux titres d’expression française le premier, et amazighe el second. F.M.