La Tribune - Benghebrit s’engage à soutenir la promotion de l’enseignement de tamazight

La Ministre de l’Education Nationale, Mme Nouria Benghebrit et le Secrétaire Général du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, ont signé hier, à la salle de cinéma El Khayam (ex-Debussy à Alger), un protocole d’accord portant sur la promotion de l’enseignement de tamazight. Une commission mixte Ministère-HCA y a été installée, chargée de procéder, dans les plus brefs délais, à un travail d’évaluation de ce qui a été fait jusque-là, soit sur une période de 20 ans. La Ministre de l’Education Nationale, Mme Nouria Benghebrit et le Secrétaire Général du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, ont signé hier, à la salle de cinéma El Khayam (ex-Debussy à Alger), un protocole d’accord portant sur la promotion de l’enseignement de tamazight. Une commission mixte Ministère-HCA y a été installée, chargée de procéder, dans les plus brefs délais, à un travail d’évaluation de ce qui a été fait jusque-là, soit sur une période de 20 ans. Vingt années déjà depuis que les plus hautes autorités de l’Etat ont annoncé officiellement l’intégration de la langue amazighe dans l’enseignement scolaire, après un long mouvement de protestation qui aura duré presque une année ! La grève du cartable de l’année scolaire 1994-1995 qui a paralysé les établissements scolaires de toute la Kabylie. L’idée d’aller vers la signature de cet accord remonte au mois de septembre dernier, a révélé la Ministre. Le choix de la date d’hier pour sa signature n’est pas fortuit : c’est la Journée internationale sur les langues maternelles, instituée par l’Unesco en 1999. Ni d’ailleurs le lieu : la salle de cinéma El Khayam est souvent réquisitionnée pour les activités du HCA depuis sa récente réouverture. «Nous avons choisi cette date et ce lieu pour dire l’engagement du Ministère à œuvrer à la promotion de cette langue mère et sa généralisation à travers tout le pays. Nous disons au HCA que nous sommes à sa disposition par tous les moyens pédagogiques et les ressources humaines nécessaires, à condition, bien sûr, que ceux qui sont directement sur le terrain fassent part à la commission des véritables besoins et des véritables problèmes. Nous avons signé un protocole d’accord mais au-delà de ce dernier, ce qui est important, c’est le travail à mener ensemble désormais. Un travail de sensibilisation, d’évaluation et de recherche qui doit absolument accompagner notre objectif d’aller vers la généralisation», a-t-elle assuré. De son côté, Si El Hachemi Assad, le Secrétaire Général du HCA, a affirmé qu’il «est temps que la langue amazighe retrouve ses lettres de noblesse. Cela va se faire à travers l’école. Nous sommes déterminés à aller dans cette voie. C’était l’ambition de feu Idir Aït Amrane. Le projet a été mis en mode pose mais nous travaillons pour sa relance et de manière efficace. Tamazight est enseignée dans 11 wilayas, nous ambitionnons son élargissement à toutes les autres, dans un avenir proche, grâce à ce travail de collaboration avec les services du Ministère de l’Education Nationale». Les deux parties ne peuvent que s’en réjouir, surtout du côté du HCA qui n’a eu de cesse de se heurter à des critiques nombreuses des proches du domaine mais aussi de simples citoyens, en raison de son «inertie», du moins selon les propos employés par ses détracteurs. L’heure est donc à l’action, assure le représentant du HCA, fort du soutien de la Ministre, Nouria Benghebrit, représentant le gouvernement et l’Etat algériens. Et celle-ci d’appuyer ses dires et ceux de son vis-à-vis : «Il y a eu une régression en matière d’enseignement de tamazight, cela ne peut être toléré. Ce protocole est un facilitateur. Il trouvera son point d’ancrage dans les efforts individuels et collectifs que nous pourrons tous accomplir».
Karima Mokrani La Tribune du 21 février 2015


