«Les Actions des institutions de l’État pour la promotion de l’amazighité», tel est le thème d’un séminaire organisé hier par le Haut Commissariat à l’amazighité à Boumerdès. L’ouverture de la rencontre scientifique et culturelle a été faite par la nouvelle ministre de la Culture, Nadia Labidi, qui, dans son allocution, a réitéré son soutien au travail du HCA quant à la promotion de l’amazighité dans sa globalité. Elle dira dans ce contexte que l’amazighité constitue l’âme de l’Algérie et nous ne ménagerons aucun effort pour contribuer à sa promotion, s’engagera-t-elle. Abondant dans le même sens, le représentant du ministère de l’Intérieur parlera de la poursuite de la libération et l’autorisation des noms amazighs dans la nomenclature des noms, tout en promettant la promotion de tamazight à travers tout le territoire national, et cela dans toutes les institutions de l’État. Il est question durant cette rencontre de faire le bilan des réalisations par chaque secteur en matière de contribution à la promotion de la langue et la culture amazighes. Il est à rappeler que la création du HCA est intervenue après un accord entre les pouvoirs publics et les mouvements citoyens de la revendication identitaire. Ainsi, les ministères de l’Éducation de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de la Communication, ainsi que les autres organismes étatiques, sont appelés à présenter les actions entreprises dans leurs départements respectifs, en matière de promotion de l’amazighité, entre autres, les entraves n’ayant permis une avancée dans l’émancipation de la constante identitaire millénaire. Si certaines avancées ont été constatées beaucoup restent à faire. Malgré un satisfecit exprimé par les représentants des ministères de l’Éducation, de la Formation et de l’Enseignement supérieur, la réalité est tout autre, car pour les militants de la cause, c’est un constat peu reluisant dans la promotion de la langue et la culture amazighes, en citant en exemple un recul constaté dans l’enseignement de cette langue où elle n’est enseignée que dans 11 wilayas après qu’elle l’était dans 16 wilayas, lors du début de son lancement. Les femmes militantes ont relevé que durant les premières interventions faites par les représentants de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, aucun mot en tamazight n’a été prononcé à l’exception du représentant du ministère des Affaires religieuses qui a fait son intervention dans la langue amazighe.

Peut-on parler de la langue amazighe quand les officiels de l’État ne se donnent même pas la peine de prononcer ne serait-ce qu’un mot en tamazight ? s’interroge un militant. L’État dispose de tous les moyens matériels et humains pour la promotion de la langue, mais la volonté politique fait défaut comme toujours a fait remarquer un participant.

Pour le secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité, il est temps de lever toutes les ambiguïtés et les entraves et de travailler avec toutes les bonnes volontés pour la promotion de l’amazighité dans sa globalité. À cet effet, il est nécessaire de dégager les modes opératoires pour la réussite, en établissant une évaluation objective du développement de l’amazighité dans toute sa globalité en abordant l’avenir avec rationalité et sans surenchère, a-t-il indiqué.

 Par B. Khider Le Courrier d’Algérie, Dimanche 25 mai 2014