L’Expression - Initiés par le HCA à Tizi-Ouzou : des cours d'alphabétisation en tamazight

Grâce à une louable initiative du Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA), apprendre la langue amazighe en dehors du réseau scolaire est chose possible. La langue amazighe, et particulièrement son enseignement, ne cesse de progresser et d'enregistrer des avancées considérables dans la wilaya de Tizi-Ouzou, notamment en gagnant de nouveaux espaces. Ainsi, après que l'enseignement de la langue maternelle de millions d'Algériens des quatre coins du pays ait été généralisait dans la totalité des établissements scolaires de la wilaya de Tizi-Ouzou, tous cycles confondus, c'est au tour des citoyens désirant avoir accès à cette langue écrite de pouvoir désormais le faire. Grâce à une louable initiative du Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA), apprendre la langue amazighe en dehors du réseau scolaire est chose possible. Cette initiative est devenue effective grâce au concours de l'Association nationale d'alphabétisation, Iqraâ, qui est très active et très dynamique, faut-il le rappeler. A l'effet de permettre à cette opération d'envergure de réussir, une feuille de route a été tracée conjointement par le HCA et Iqraa, nous a confié M. Si El Hachemi Assad, le Secrétaire Général du Haut Commissariat à l'Amazighité. Désormais, grâce à cette feuille de route, l'enseignement de la langue amazighe est intégré. C'est au niveau de l'école Mouloud-Feraoun, sise dans la ville de Tizi-Ouzou, que le coup d'envoi officiel de cette opération très importante, faut-il le rappeler, a eu lieu en présence notamment des représentants du HCA, mais aussi des responsables de l'Association nationale d'alphabétisation, Iqraâ. C'est d'ailleurs lors de cette cérémonie, à laquelle la presse locale a été conviée, que cet enseignement a été lancé de manière symbolique et solennelle. La cérémonie du coup d'envoi a été mise à profit par les responsables concernés afin notamment d'expliquer les objectifs assignés à ce programme. Les responsables chargés de superviser cet enseignement ont aussi profité de cette occasion pour mettre en place les modalités de travail et de lancer les inscriptions. Aussi, l'occasion a été saisie pour que soit donné, à titre symbolique, le premier cours en tamazight. Selon Si El Hachemi Assad du HCA, il sera procédé au recrutement d'enseignants en tamazight et sur ce plan-là, le problème ne se pose pas du tout, ajoute notre interlocuteur puisqu'actuellement il existe pas moins de 3000 licenciés en langue amazighe ayant obtenu leurs diplômes d'enseignement supérieur dans l'un des trois départements de langue et culture amazighes de Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira et qui ne travaillent pas encore. Quant au programme d'enseignement officiel, notre interlocuteur nous a confié qu'un manuel spécialement destiné à ces cours d'alphabétisation en tamazight a été conçu et édité par le HCA et il est actuellement mis à la disposition des apprenants et des enseignants. Il s'agit d'un manuel très bien conçu répondant à toutes les normes en la matière. «Le programme d'enseignement compris dans ce manuel est focalisé principalement sur les notions élémentaires de linguistique générale dans l'optique qu'au début, les apprenants aient la capacité de lire et écrire dans leur langue maternelle», apprend-on. L'enseignement visera ensuite à court et à moyen terme de permettre aux apprenants d'avoir accès à pouvoir faire preuve d'autres performances en matière de maîtrise de la langue amazighe. Aussi, cet enseignement sera ouvert, non seulement aux citoyennes et citoyens désirant maîtriser la langue amazighe et issus des localités berbérophones, mais, il sera aussi élargi aux candidats arabophones qui ont le désir et la volonté d'avoir accès à cette deuxième langue nationale du pays et à laquelle le statut de langue officielle ne cesse d'être revendiqué par des partis politiques mais aussi par les organisations concernées par la culture et l'identité nationale. Il y a lieu de rappeler que ce n'est pas la première fois que l'enseignement de la langue amazighe soit effectif en dehors du système éducatif. Il a même commencé bien avant que tamazight ne soit intégrée dans les écoles algériennes en 1995 suite à l'année de la grève du cartable en 1994/1995. Pour rappel, l'enseignement de la langue amazighe a connu un engouement exceptionnel après l'ouverture démocratique de 1988, notamment grâce au mouvement associatif. Des centaines d'associations culturelles amazighes ont lancé des classes d'enseignement de la langue amazighe aussi bien dans les wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira ainsi qu'à Alger.
Aomar Mohellebi L’Expression du lundi 16 novembre 2015


