L’Expression - Sortie d'étude du HCA dans la wilaya de Tlemcen : les Zianides se réconcilient avec leurs origines amazighes

«Nous avons pu nouer des contacts et participer à l'éveil de la conscience locale quant à leurs origines amazighes».
Une délégation d'une quarantaine de personnes composée d'étudiants-chercheurs encadrée par des spécialistes en linguistique et en anthropologie a sillonné depuis lundi dernier le vaste territoire amazighophone de l'ex-capitale des Zianides. Répartie en cinq groupes traitant des thèmes variés relatifs à la littérature orale, à la toponymie, à la faune et flore, aux variations lexicales et enfin aux variations phonétiques, cette forte délégation s'est rendue, dès lundi, sur le terrain dans les différentes régions berbérophones de Tlemcen, à savoir Beni Ouarsous, Beni Boussaid, Msirda, Marsat Ben M'hidi, Beni Bahdel et Azail dans la région de Beni Snous entre autres. L'expédition de la délégation du HCA s'est ébranlée le lundi matin depuis le mont de Lalla Setti, précédée par une courte halte à la source «Ain Abbou Mouhadjer Dinar», une grande esplanade qui a abrité en l'an 675 la grande assemblée des tribus berbères pour discuter de la «rissala de Omar Ben Abdou El Aziz» portant le bien fondé message de Dieu. A Beni Ouarsous, une région visitée dans l'après-midi du lundi dernier, la délégation du HCA a été accueillie à bras ouvert par les habitants de cette région qui reconnaissent leurs origines amazighes tout en regrettant le déracinement enduré au fil des ans. En effet, même si la pratique de la langue est quasiment absente dans cette région, hormis quelques vieux qui se remémorent vaguement quelques mots, la vie quotidienne, les us et les habitudes amazighes sont bien présents, voire même ancrés et de manière bien affirmée «nous savons tous que nos ancêtres sont amazighs, dans un passé récent on parlait encore cette langue ici dans notre région, mais faute de moyens pour sa prise en charge, cette langue nous l'avons perdue avec le temps...» Affirment en substances les habitants de Beni Ouarsous. Un peu plus loin, à Beni Haroun pus exactement, même si le petit hameau est désertique, quelques vestiges nous renseignent de la présence des Romains dans cette région qui ressemble parfaitement aux typiques villages kabyles avec sa source d'eau et ses figuiers et oliviers aux alentours. Même si pour la première journée de l'expédition du HCA vers l'Ouest, la moisson a été en deçà des attentes sur le plan toponymique notamment, mais des contacts forts intéressants ont été établis et des relations avec le monde associatif représentant la société civile ont été tissés. Tout a été rattrapé durant les deux jours suivants, mardi et mercredi dernier où la délégation s'est frottée aux habitants autochtones des deux régions des Ath Bousaid (Beni Bousaid) notamment la localité de Zaouai et des Ath Senous (Beni Senous) qui ont quasiment sauvegardé tout le patrimoine culturel amazigh ancestral. En effet, à Ath Senous l'accueil a été des plus chaleureux, la société civile et les élus locaux ont décoré le Secrétaire Général du HCA en signe de reconnaissance à tous les efforts de cette institution dans la recherche, la récupération, la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel amazigh aussi bien matériel qu'immatériel. Pour Si El Hachemi Assad, le Secrétaire Général du HCA, cette virée vers l'Ouest a été bénéfique à plus d'un être «je pense que c'est une mission réussie à plus d'un titre. D'abord nous avons pu nouer des contacts, d'une part et participer à l'éveil de la conscience locale quant à leurs origines amazighes, d'autre part. Au-delà du travail de recherche nous avons dégagé des perspectives intéressantes relatives à l'enseignement de tamazight de manière graduelle dans les écoles et le renforcement des émissions radiophoniques en tamazight au niveau de la radio locale de Tlemcen» nous a-t-il déclaré avant de conclure sur l'accueil chaleureux qui leur a été réservé à la délégation «je tiens en mon nom personnel et au nom du HCA à remercier les autorités locales de la wilaya de Tlemcen pour le bon accueil réservé et particulièrement (les élus locaux et la société civile d'Ath Senous qui nous ont réservé un chaleureux accueil et ont décoré la HCA pour ses différentes activités...».
Boualem Chouali L’Expression du dimanche 5 avril 2015



